Ré-inauguration de Notre Dame des affligés

En ce samedi 15 septembre, à l'occasion des journées du patrimoine, et à la suite de beaux travaux de restauration, nous avons participé à la réinauguration de la chapelle Notre Dame des affligés.

Nous sommes très reconnaissants à la commune de Cuincy, aux artisans et aux associations qui contribuent, non seulement à la restauration de la chapelle, mais aussi à sa vie.

 

Quelques éléments d'information à propos de la chapelle :

Dès le moyen âge la tradition indique que l’on avait adossé à un des arbres bordant la route allant de Cuincy à Esquerchin  une statue en chêne représentant une « Mater Dolorosa ». Des faits miraculeux s’étant produits, on vit peu à peu les populations d'alentour mettre leur confiance en celle que l'Eglise appelle la «consolatrice des Affligés» et venir en foule, principalement les lundis de Pâques et de Pentecôte.

Une première et petite chapelle fut alors érigée afin d’héberger la statue miraculeuse et les nombreux ex-voto. Elle tomba en ruines vers le milieu du 16ème siècle. En 1572, Messire Jacques de Blondel, chevalier, Seigneur de Cuincy, gouverneur capitaine et grand bailli de la ville et du château de Tournai, Mortara et Saint Amand, touché par cette ferveur, fit construire, un édifice plus vaste. En 1704 la famille  de Blondel vendit la seigneurie de Cuincy à madame d’Aoust, épouse du comte de Bousies qui devint de ce fait Seigneur  de Cuincy. La chapelle devint alors aussi sa propriété. En 1796 le Marquis d’Aoust, vendit la chapelle à Monsieur Desmons, ancien dîmeur de l’abbaye Saint André du Cateau, propriétaire à Douai et disposant d’un champ de six coupes à Cuincy. D’après divers éléments, il semble que la chapelle fut alors détruite par le feu (traces sur la niche centrale de l’autel (XVIIème).

 

Elle fut restaurée et en partie reconstruite, en style néoclassique, durant  les premières années du XIXème siècle. La façade est en pierre blanche de Paris avec un fronton triangulaire qui représente deux anges portant une guirlande de fleurs et soutenu par quatre pilastres de type ionique. Les deux pilastres centraux encadrent la porte. La statue extérieure d’origine, datant du XVIIème siècle, décapitée lors de la révolution,  se trouve à l’intérieur de la nef. Au-dessus de la façade est érigé un campanile  qui abrite la cloche.

La nef, en arc plein cintre, a une  hauteur sous voûte de huit mètres. Les dimensions intérieures sont de douze mètres par six. Elle est également de style néoclassique et entouré de six pilastres avec chapiteau de style ioniques. Elle se termine par un fronton sculpté représentant un triangle dans une nuée avec un œil placé en son centre. Il s’agit là d’un symbole de la trinité en vogue au XVIIIème siècle. Au-dessous du triangle, une guirlande de fleurs est maintenue par deux têtes de diables (ou lions). Au-dessus une croix grecque.

Le chœur se présente comme une simple abside en hémicycle. Il mesure sept mètres sur quatre mètres cinquante. A droite, une porte donne sur la sacristie. A gauche, une fausse porte, réplique en symétrie. Ces deux éléments sont surmontés de frontons triangulaires à la manière de celui qui orne l’entrée de la chapelle. L’absence de sculpture sur l’ensemble des pierres et pilastres indique qu’il fut bâti postérieurement à la nef. Il accueille un retable, dessus d’autel en chêne massif sculpté, au milieu duquel est placée la statue d’une Vierge à l’Enfant (XVIIème). On notera une similitude de forme entre l’ensemble architectural et la présence d’éléments rappelant le style classique de l’autel. Présumant que ce dernier était auparavant installé dans l’ancienne chapelle, l’on peut penser que les architectes s’en sont inspirés pour les sculptures de l’ensemble. Au-dessus de l’autel on trouve une niche ornée de deux colonnes assez similaire à celle de l’extérieur du bâtiment. Une crypte est creusée au-dessous du chœur. Elle accueille huit corps qui y sont inhumés, et dont les noms sont inscrits sur une pierre tombale, grande dalle noire avec une croix gravée en tête, qui  se trouve à l’entrée de celui-ci. L’entrée de la crypte se trouve en dessous de la sacristie. Elle a été murée.

En 1843 l’abbé Lamorisse, curé de Cuincy, fit une demande à Monseigneur Giraud, Archevêque de Cambrai, pour qu’une confrérie de Notre-Dame des affligés fut érigée. Des indulgences furent accordées par le Pape Grégoire XVI le 31 mai, et la confrérie approuvée par la Sacrée Congrégation le 16 juin de la même année. Avec l’accord de l’archevêché de Cambrai, les messes furent célébrées à la chapelle les lundis de Pâques et de Pentecôte. En juin 1940, malgré la guerre, les pèlerinages se poursuivent sous l’occupation allemande. A cette époque, une des stations du chemin de croix (disparu depuis) servit de boite aux lettres à la résistance.  Après l’Armistice de 1945, la fréquentation de la chapelle reprit avec toujours autant d’importance

Longtemps chapelle privée, elle fût léguée en 1983 à la commune de Cuincy. A l’époque, menaçant ruine, elle était interdite d’accès. Des mesures conservatoires de mise hors d’eau et réfection de charpente furent entreprises par les services municipaux. En 1992, la création de l’Association pour la REstauration et la mise en valeur du PAtrimoine Cultuel (AREPAC) permit de développer un partenariat actif entre la commune et le secteur associatif. Les travaux successifs entrepris par les services techniques communaux, aboutirent à une restauration parfaite, associée à une modernisation du lieu (chauffage et éclairage). Dans le même temps, l’AREPAC assura le financement de la restauration de l’autel, l’achat d’une statue, et d’un orgue à tuyaux de 6 jeux. Telle qu’elle se présente, cette chapelle reste avant tout un lieu de culte, mais aussi un espace culturel dans le respect de sa destination d’origine.

Intégrée aux différents lieux de la paroisse «Saint François d’Assise en Douaisis», la chapelle est utilisée pour les messes de pèlerinage, messes pour les personnes handicapées - célébrations et animations de catéchèse - récitations du Chapelet durant les mois de mai et octobre - activités liturgiques de différents mouvements chrétiens locaux...

Article publié par Michel Masclet • Publié le Lundi 17 septembre 2018 • 343 visites

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